Maître Pascal PERRAULT

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Etendue de la réparation du dommage décennal

17 février 2014

Droit de la construction

5 février 2014

(Cass. 3ème. 20 novembre 2013. n°12/29.259)

 

Attendu, selon l’arrêt attaqué (Paris, 5 septembre 2012), que la société Ciments Calcia (société Calcia), qui exploite une usine de production de ciment et pour les besoins de sa fabrication une carrière d’argile, a confié au groupement momentané d’entreprises composé de la société GTM construction terrassement, mandataire du groupement, devenue Vinci construction terrassement, et de la société Forezienne d’entreprises et de terrassements l’ensemble des études et travaux de découverte et de réaménagement de la carrière afin d’en permettre l’exploitation future et la réalisation d’un ouvrage consistant en un talus drainé par réseau ; que la réception des travaux a eu lieu le 15 décembre 2005 avec des réserves qui ont été levées le 22 décembre 2005 ; qu’en raison de la survenue d’inondations, de coulées de boues et de fortes dégradations de la plate-forme et des talus malgré une première intervention en avril 2006, la société GTM a proposé la mise en place de dispositifs complémentaires ; qu’après expertise, la société Calcia a assigné la société Vinci construction terrassement et la société Forezienne d’entreprises et de terrassements en indemnisation de ses préjudices,

 

Attendu que la société Vinci et la société Forezienne font grief à l’arrêt de les condamner solidairement à payer la somme de 282 553, 50 euros, alors, selon le moyen :

 

 1°/ que la réparation d’un dommage doit être à l’exacte mesure du préjudice effectivement subi, de façon que la victime soit replacée dans la situation où elle aurait dû normalement se trouver, sans qu’il n’en résulte pour elle ni perte ni profit ; qu’il s’ensuit que, réserve faite de circonstances très particulières, non caractérisées en l’espèce, telle la conclusion d’un marché à forfait, le maître de l’ouvrage ne peut obtenir à titre de réparation le montant de travaux non prévu dans le marché initial et dont il aurait dû de toute façon supporter le coût si même le constructeur avait parfaitement rempli ses obligations en prévoyant dès l’origine la réalisation de ces travaux complémentaires jugés indispensables à la bonne tenue de l’ouvrage ; qu’en considérant, contrairement à ce qui était soutenu, que le préjudice indemnisable incluait, non point seulement le coût des travaux nécessaires à la réparation de l’ouvrage, mais également le coût des ouvrages complémentaires qui n’avaient pas été prévus dans le marché initial mais n’en étaient pas moins nécessaires à la perfection de l’édifice, cependant que devait être déduit du coût global des travaux, la somme au paiement de laquelle le maître d’ouvrage aurait dû de toute façon faire face si la réalisation des travaux complémentaire avait été prévue dès l’origine, comme elle aurait dû l’être, la cour d’appel viole l’article 1149 du code civil, ensemble le principe de la réparation intégrale du dommage ;

 

……

 

Mais attendu, d’autre part, qu’ayant relevé que le groupement d’entreprises estimait que les travaux de reprise complémentaires commandés en juillet 2007 sortaient du champ contractuel initial et auraient dû de toute façon être pris en charge par la société Calcia, la cour d’appel a retenu à bon droit que ce groupement était tenu de prendre en charge le coût du préjudice indemnisable qui regroupe tous les travaux nécessaires à la réparation de l’ouvrage.

 

D’où il suit que le moyen n’est pas fondé ;

 

PAR CES MOTIFS REJETTE le pourvoi.

 

La Cour de Cassation rappelle dans cette espèce le principe de la réparation intégrale du préjudice décennal.

 

En d’autres termes, quel que soit le coût des travaux de reprise, les désordres doivent être intégralement repris, même si cela implique la construction d’ouvrages complémentaires non prévus à l’origine, ainsi que les dommages annexes comme le coût de la reprise elle-même, le préjudice moral, le préjudice économique, etc..

 

 

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